Note éducative*Examen dynamique de suffisance du capital -
assurance-vie
Commission des normes de solvabilité des institutions financières
Juillet 1997
* Les notes éducatives ne sont pas d'application obligatoire.
Elles sont destinées à aider les actuaires à accomplir leur travail actuariel et
peuvent comprendre des explications et (ou) des options.
** Ce document a été affiché sur le site web de l'ICA le 16 juillet 1997. Une version
imprimée de ce document n'a pas été distribuée aux membres.
Table des matières
(cliquez sur le sujet pour vous y rendre directement)
I. Renseignements généraux et introduction
II. Portée de lenquête
1. Processus
2. Préparation et signature de lénoncé dopinion
3. Degré de précision
4. Améliorations de capital présumées
5. Mesures vraisemblablement adoptées par la direction
III. Catégories de scénarios défavorables
1. Risques de mortalité
2. Risques de morbidité
3. Risques liés à la conservation des affaires
4. Risques C-3
5. Risques C-1
6. Risques associés aux nouvelles affaires
7. Risques associés aux dépenses
8. Risques associés à la réassurance
9. Mesures de l'État et risques politiques
10. Risques hors bilan
IV. Modélisation
V. Aperçu dun modèle de rapport
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I. Renseignements généraux et introduction
Le rôle de lactuaire désigné
La solvabilité actuelle et future des sociétés dassurance est une question
qui intéresse dabord et avant tout la population, quil sagisse de
titulaires de polices, de bénéficiaires ou dactionnaires actuels ou éventuels.
Ces derniers se fient sur lactuaire désigné, qui a pour rôle de surveiller la
santé financière des sociétés dassurance et de présenter des rapports à cet
effet.
Ce faisant, lactuaire désigné contribue à la gestion prudente du capital et au
redressement adéquat des situations qui sont, à son avis, susceptibles de compromettre
sérieusement la suffisance du capital.
Le présent document vise à fournir des conseils et un soutien professionnels à
lactuaire désigné dune société dassurance-vie et à faire en sorte
que son travail soit conforme à la norme de lICA au sujet de lexamen
dynamique de suffisance du capital (EDSC). Lactuaire désigné pourra également
consulter le guide danalyse de la situation financière dynamique de la Society of
Actuaries (Dynamic Financial Condition Analysis Handbook) sil le désire.
Introduction aux concepts de lévaluation de la suffisance du capital
Dans son sens le plus large, la solvabilité est la capacité dune entité
dhonorer ses engagements financiers. Dun point de vue comptable, la
solvabilité exige que lactif soit au moins égal ou supérieur au passif pour
sassurer que lavoir-propre total ne soit pas négatif. Cette situation est
dailleurs confirmée à une date précise au moment de la préparation du bilan.
Bien quil se peut quune personne morale, daprès le bilan, soit
techniquement insolvable aux termes de cette définition, seules une décision dun
tribunal ou une mesure réglementaire permettront vraiment de confirmer
linsolvabilité juridique et de mettre fin aux activités de cette société. Par
contraste, le concept de solvabilité dune société dassurance auquel recourt
lactuaire désigné pour évaluer la vitalité continue de lorganisation
sétend au-delà de la date particulière dun bilan.
Par conséquent, au moment dévaluer la solvabilité des opérations dans le
domaine de lassurance, il est de prime importance de sarrêter au montant et
aux tendances prévus de lexcédent et dautres formes de capital disponibles
à court terme, particulièrement en considération du profil de risque de la société.
Il est nécessaire de vérifier dans quel but et à quel point on a besoin de ce capital
en prévision des activités prévues après la date du bilan.
Objectifs
Lexamen dynamique de suffisance du capital est un processus par lequel
lactuaire analyse et projette, à laide de scénarios, les tendances de la
situation financière dune société en fonction des circonstances actuelles, de son
passé récent et de ses plans daffaires. Lactuaire désigné peut ainsi
informer la direction de la société des répercussions probables du plan daffaires
sur le capital et lui fournir ainsi des conseils sur les importants risques auxquels elle
sexpose.
Ce processus a pour objet principal daider à éviter une situation
dinsolvabilité en renseignant le mieux possible la société au sujet des
événements susceptibles dentraîner lépuisement du capital et des
meilleures mesures de rechange que celle-ci pourra envisager. De plus, en identifiant
lorigine du risque, lactuaire désigné peut faire en sorte que les systèmes
de contrôle soient renforcés là où la société est la plus vulnérable et continuer
à lui fournir des conseils opportuns.
Il est fondamental, pour ce processus et pour linterprétation convenable des
résultats, de comprendre quil est possible que la situation prévue du capital en
fonction de divers scénarios puisse effectivement être insuffisante après cinq ans de
revers, surtout si lon juge quen fonction des résultats, les mesures
adoptées par la société nont pas été adaptées au bon moment. En elle-même,
cette situation nest pas une indication de difficultés actuelles ou éventuelles.
Cest plutôt le degré et le moment particulier dépuisement du capital qui
indiquent les risques auxquels la société est la plus exposée. Ces renseignements,
combinés aux résultats du scénario de base, devraient indiquer à la société la
nécessité de revoir son plan daffaires ou de se préparer à certaines
éventualités.
Dans le cadre de ce processus, on utilise, conformément aux normes sur la suffisance
du capital, les formules réglementaires permettant de calculer à la fois le capital
nécessaire et le capital disponible aux fins du scénario de base; ce processus
noblige cependant pas lactuaire désigné à élaborer, à vérifier ou à
commenter ces formules.
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II. Portée de lenquête
Conformément à la norme, le processus de lEDSC a pour but de vérifier un
scénario de base ainsi que plusieurs scénarios défavorables. On compte dix catégories
de risques dont lactuaire désigné doit évaluer les risques sur le plan de la
suffisance du capital. La section III de la présente note éducative explique plus
avant chacune des dix catégories. La norme recommande ensuite lexamen détaillé
dau moins trois des secteurs de risque les plus importants, y compris les «effets
de retombées». Enfin, la norme comprend un modèle dénoncé dopinion auquel
lactuaire devra apposer sa signature. Celui-ci précise que, pendant toute la
période de projection, le montant minimal de capital requis a été disponible aux termes
du scénario de base et que lexcédent demeure positif en dépit de scénarios
défavorables mais plausibles.
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1. Processus
Le processus général à suivre aux fins de cette analyse peut varier
considérablement dune société à lautre, cependant on présume que
linclusion obligatoire de lénoncé dopinion assurera un certain degré
duniformité de la norme en ce qui concerne la plausibilité des scénarios et les
méthodes de vérification utilisées.
Une approche acceptable consisterait à :
- élaborer un scénario de base. Conformément à la norme, ce scénario correspondrait
habituellement, mais pas toujours, au plan dentreprise de la société.
- examiner les dix catégories de risques et déterminer celles qui nont aucunement
besoin dêtre analysées en raison de la situation de la société, par opposition
à celles qui doivent lêtre, également en raison de la situation de la société.
- pour chacun des scénarios pertinents, assujettir la catégorie de risques en question
à un «test de sensibilité». À cette étape initiale, on recommande de sen tenir
uniquement à une analyse restreinte de «leffet de retombées» dont il est
question à la section III. Le test de sensibilité consiste à déterminer
jusquà quel point il convient dajuster le facteur de risque en question pour
obtenir un excédent négatif pendant la période de projection, puis à déterminer si ce
degré de changement est plausible ou non.
En dépit du fait que le secteur de lassurance-vie ne dispose pas de données en
matière de distributions de probabilité détaillées à légard dun certain
nombre dhypothèses ou dévénements, lactuaire désigné doit
généralement adopter comme principe qu'un scénario est plausible s'il croit que le
scénario défavorable a, pour lassureur, une probabilité de survenance dau
moins 1 %.
- choisir les scénarios qui nécessitent une analyse plus poussée. Les trois catégories
de risques présentant la plus grande sensibilité à lexcédent, y compris un
examen plus détaillé de leffet de retombées qui leur est associé, doivent être
étudiés de près. De toute évidence, toute catégorie de risques à légard de
laquelle un scénario plausible entraîne un excédent négatif au cours de la période de
projection devrait faire lobjet dun examen approfondi et dun rapport
complet. Encore là, on peut recourir au test de sensibilité pour en évaluer la
plausibilité, mais en tenant davantage compte des effets de retombées.
- consigner le scénario de base, et ensuite les dix catégories de risques, mais à des
degrés de précision différents :
- les catégories considérées non pertinentes, une explication sommaire des raisons
invoquées (celles-ci devraient être indiquées, mais pourraient figurer dans un document
distinct du rapport officiel);
- en ce qui concerne les catégories pertinentes mais moins sensibles, une brève
description de lapproche adoptée et des résultats obtenus;
- en ce qui concerne les catégories les plus sensibles, une description plus détaillée
de la catégorie de risques, des circonstances pouvant donner lieu à un scénario
défavorable, du genre deffet de retombées qui pourrait survenir et de la manière
dont on les a prises en compte, des mesures que la direction a prises, si lon a
supposé que tel était le cas, et de la plausibilité des résultats.
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2. Préparation et signature de lénoncé dopinion
Conformément à la norme, la situation financière de la société est jugée
satisfaisante si, pendant toute la période de projection, la société sest
conformée aux exigences réglementaires en ce qui a trait au montant minimal de capital
requis en vertu du scénario de base et a maintenu un excédent positif à légard
de tous les scénarios défavorables plausibles. Dans le cas contraire, la situation
financière de la société est jugée insatisfaisante et on doit alors inclure un
énoncé dopinion défavorable. La plausibilité désigne dabord et avant tout
une probabilité dau moins 1 %. Pour les fins de cette norme, le montant
minimal de capital requis quune société dassurance-vie au Canada doit
actuellement maintenir correspond à un rapport de 120 % du MMPRCE et, dans le cas
dun assureur étranger, à un ratio de 120 % du TTAM.
Il nest pas toujours facile dévaluer des probabilités de lordre de
1 %. À légard de certaines catégories de risques et de certaines sociétés,
il faudrait, pour obtenir un excédent négatif, une circonstance évidemment non
plausible (par exemple, une augmentation de dix fois de la mortalité serait non plausible
pour la plupart des assureurs-vie). Dans dautres cas, il serait tout aussi évident
quun scénario défavorable a plus quune simple probabilité de survenance de
1 % (par exemple, une réduction des taux dintérêt en deçà de
200 points de base au cours des cinq années subséquentes); dans pareil cas, un
énoncé dopinion défavorable simpose. Dautres seront plus difficiles
à évaluer. Lorsque lactuaire désigné ne sait trop si un scénario défavorable a
moins de 1 % de probabilité de donner lieu à une situation financière
insatisfaisante, mais quil est raisonnablement convaincu que cette probabilité est
inférieure à ce pourcentage, il lui faudra divulguer ce scénario et le justifier dans
le rapport. Il nest cependant pas tenu de donner une opinion défavorable
daprès ce seul scénario.
Lactuaire désigné devrait aussi inclure dans son rapport tous les scénarios
défavorables plausibles incitant lassureur à maintenir moins que le montant de
capital requis. Bien que lactuaire désigné ait pu signer un énoncé
dopinion sur la situation financière satisfaisante de la société, le rapport
devrait indiquer clairement au conseil dadministration quen vertu de ces
scénarios, les autorités de réglementation empêcheront la société de souscrire de
nouvelles affaires, advenant que le capital ne saméliore pas.
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3. Degré de précision
Dans cette sous-section, une «situation financière satisfaisante» désigne une
situation financière qui nexige pas un examen particulier de lautorité de
réglementation, c.-à-d. qui fait en sorte que les activités de lassureur ne
soient pas consignés à la liste de surveillance de cet organisme. Une «situation
financière solide» désigne une situation financière plus que satisfaisante.
Une situation financière solide ne saurait se substituer cependant à une enquête,
non seulement parce que des conditions défavorables et plausibles peuvent entraîner une
détérioration de la situation financière, mais aussi parce quune enquête permet
de déterminer à quel moment cette détérioration se produira en vertu dun
scénario défavorable, donnant ainsi à lassureur une indication du temps requis,
ou auquel il peut sattendre, pour régler la situation. De même, une situation
financière solide ne saurait se substituer à un examen annuel du rendement. Cependant,
il convient que lenquête tienne compte de la stabilité historique et prévue de
lenvironnement et des activités de lassureur. On doit également tenir compte
des résultats des enquêtes antérieures.
Les résultats dune enquête antérieure demeurent pertinents si :
- Les produits vendus par lassureur pendant la période de projection courante sont
semblables à ceux ayant été vendus au cours de lenquête antérieure, ou si
lassureur est sur le point de faire de nouvelles ventes;
- Lenvironnement, les opérations et le plan dentreprise actuels de
lassureur nont pas changé de façon significative depuis lenquête
antérieure;
- Lexpérience réelle de lassureur se compare à celle prévue dans le
scénario de base de lenquête antérieure.
Il serait approprié de faire des projections relativement perfectionnées et de
scénarios défavorables relativement complets à moins que :
Lon prévoit que la situation financière de lassureur demeurera
vraisemblablement solide malgré les conséquences défavorables prévues pendant la
période de projection, ou
Lactuaire ne montre pour lassureur une situation financière satisfaisante
et une stabilité dans son environnement et ses activités antérieurs et prévus et à
moins quune enquête reposant sur des scénarios prévisionnels relativement
perfectionnés et sur des scénarios défavorables relativement complets ne demeure
pertinente.
Dans pareils cas, une projection moins perfectionnée conviendrait si elle correspond
aux normes de lICA en matière dapproximation. Cependant, il ne serait pas
approprié pour une société qui compte dimportantes nouvelles affaires
dutiliser de telles approximations.
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4. Dispositions damélioration du capital
Il peut arriver que lamélioration du capital constitue une composante
importante du plan dentreprise dune société. Cela pourrait inclure, par
exemple, lavoir-propre des investisseurs, des obligations publiques, une dette
subordonnée, linjection de capitaux dans la succursale canadienne dun
assureur étranger, etc. Cela est particulièrement vrai dans le cas de sociétés
dassurance connaissant une forte croissance et qui représentent soit des filiales
dune multinationale canadienne ou étrangère, soit des assureurs étrangers ayant
une succursale au Canada.
Même si le plan dentreprise et le scénario EDSC de base exigent une telle
injection de capitaux, cela ne signifie pas pour autant que lactuaire désigné ne
soit pas tenu de signer lénoncé dopinion requis en matière dEDSC.
Cependant, lactuaire désigné doit être convaincu dans les faits que cette
injection de capitaux est vraiment voulue par le bailleur de fonds et quelle demeure
abordable pour lentité.
Un cas semblable peut se produire chez un assureur, sans société-mère, qui prévoit
lancer une importante initiative dans un nouveau secteur dactivités en se
finançant au moyen de capitaux provenant de lextérieur. Le scénario de base
indiquera que ces capitaux sont nécessaires, mais encore une fois, cela ne signifie pas
que lactuaire nest pas tenu de signer une opinion favorable.
La question est plus complexe en ce qui concerne les scénarios défavorables. De toute
évidence, il serait inapproprié de supposer demblée un résultat négatif
simplement parce quil y a injection présumée de capitaux.
Pour quil y ait opinion favorable, il faut dabord que lassureur
demeure solvable en vertu de tous les scénarios plausibles (on a déterminé que cela
comprenait les scénarios ayant une probabilité de survenance supérieure à 1 %).
On pourrait alors présumer que le niveau de capitalisation permettrait à lassureur
de demeurer solvable aux termes des scénarios plausibles. Au moment de vérifier des
scénarios défavorables échappant essentiellement au contrôle de la direction, il
convient alors de ne pas prévoir un montant supérieur à ce que prévoient le plan
dentreprise et le scénario de base en ce qui concerne une injection de capitaux
provenant de lextérieur. Dans le cas de scénarios dont les facteurs
«défavorables» sont plus ou moins contrôlés par la direction (plus particulièrement
un scénario où les ventes sont beaucoup plus élevées que prévues), il serait
approprié que les injections de capitaux soient supérieures à celles prévues dans le
scénario de base.
Pour éviter de donner un aperçu trompeur de la situation à la direction, au conseil
dadministration, à la société-mère ou à lorganisme de réglementation, il
est essentiel que les rapports concernant les hypothèses établies daprès les
capitaux injectés soient clairement présentés. Cest le cas des hypothèses
prévues en vertu du scénario de base ainsi que des occasions limitées dinjections
supplémentaires jugées appropriées aux termes dun scénario défavorable.
Advenant un scénario défavorable, il est recommandé de consigner les résultats de
lEDSC avec et sans les injections supplémentaires présumées.
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5. Mesures vraisemblablement adoptées par la direction
Comme dans le cas des injections de capitaux, il y aura des situations où
lactuaire devra supposer que la direction a pris les mesures nécessaires à
légard des scénarios défavorables, notamment dans le cas dune
détérioration de lexpérience de mortalité ou de morbidité sur une
assurance-collective reconductible pour une période dun an. Cela ne signifie pas
pour autant que le caractère défavorable des sinistres puisse être éliminé par une
augmentation hypothétique des taux, mais plutôt quil faille supposer
quaucune mesure de la direction, telle quune augmentation du taux des primes,
un resserrement des pratiques de souscription, une modification dune définition des
avantages, etc., semblerait plausible (cette situation est clairement différente dans le
cas des polices dassurance-vie individuelles de longue durée dont les taux et les
dispositions font lobjet dune garantie complète).
Pour éviter de donner une fausse impression, il est essentiel que le rapport au sujet
des mesures prises par la direction soit clairement présenté. Il pourrait être utile,
au fins des scénarios défavorables, dindiquer les résultats obtenus à
légard de lEDSC, avec ou sans mesure vraisemblablement adoptée par la
direction.
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III. Catégories de scénarios défavorables
Lactuaire désigné devrait être en mesure de comprendre la sensibilité de
la situation financière de lassureur pour chacune des grandes catégories de
risques ayant une importance significative pour la société dassurance. Dans la
présente section, nous présentons les principales catégories de risques qui pourraient
faire lobjet dun examen ainsi que les tendances défavorables éventuelles et
leffet de retombées de chacune. On ne devrait pas nécessairement supposer que ces
catégories englobent tous les risques applicables à chaque société. Le guide
danalyse de la situation financière dynamique, rédigé par la Society of
Actuaries, savérera utile en ce qui a trait aux secteurs présentant des risques
élevés et aux scénarios défavorables pouvant avoir dimportantes répercussions
pour une société en particulier, outre ceux qui sont expliqués ci-contre.
Les scénarios défavorables pourraient inclure :
- les fluctuations progressives au niveau de lexpérience qui peuvent ou non passer
inaperçues pendant un certain temps;
- les fluctuations soudaines au niveau de lexpérience;
- les estimations erronées au sujet de lexpérience prévue
Lactuaire devra examiner lexpérience récente du secteur et
lexpérience chronologique de la société de même que les perspectives
davenir afin de déterminer la portée des données dexpérience à retenir.
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1. Risques de mortalité
Il existe une variété de scénarios qui pourraient entraîner une forte
expérience défavorable de mortalité par rapport à celle que laissent supposer la
tarification ou lévaluation. Une société possédant un important portefeuille de
polices dassurance-vie ou de rentes devrait vérifier leffet de cette
expérience de mortalité défavorable. Il y aurait lieu deffectuer ce test
séparément pour chacune des secteurs dactivités.
Une expérience défavorable de mortalité dans les assurances peut survenir pour
diverses raisons, notamment :
- une augmentation définitive du taux de mortalité, sans doute pendant un certain nombre
dannées, possiblement à la suite dune épidémie ou dune autre
catastrophe;
- une détérioration constante et progressive de la mortalité, sans doute attribuable à
une déchéance antisélective due à lémergence de nouveaux produits plus
concurrentiels ou à laffaiblissement des normes de souscription;
- une estimation erronée de lexpérience prévue, sans doute en raison de
labsence de données dexpérience complètes.
Une mortalité défavorable dans les rentes peut survenir pour plusieurs raisons,
notamment :
- une diminution progressive et constante du taux de mortalité, sans doute à la suite
dune amélioration plus rapide que prévu des traitements médicaux ou du mode de
vie des rentiers;
- une estimation erronée de lexpérience prévue, sans doute en raison de
labsence de données dexpérience complètes.
Lactuaire désigné devrait chercher à déterminer si la mortalité défavorable
sera vraisemblablement permanente ou temporaire. Le cas échéant, il devra tenir compte
des répercussions de cette mortalité en procédant à une réévaluation des réserves.
Lactuaire désigné devrait examiner les effets de retombées, par exemple :
- Lexpérience de la mortalité défavorable survient-elle à légard de
produits dont les primes ou les prestations sont ajustables? Dans quelle mesure et dans
quel intervalle de temps la direction est-elle capable et désireuse de modifier ses
produits? Cela dépendra de la nature de lexpérience de mortalité défavorable,
peu importe quelle soit temporaire ou permanente ou quelle soit particulière
à la société ou généralisée dans toute lindustrie de lassurance. Il y
aurait lieu dexaminer sil est préférable pour la direction dattendre
quelque temps avant dadopter des mesures et sil suffirait de ne procéder
quà un redressement partiel de cette expérience.
- La direction soccupera-t-elle de rajuster les tarifs des nouvelles affaires, et
dans quel intervalle de temps? Cela dépendra aussi de la nature de lexpérience de
mortalité défavorable, peu importe quelle soit temporaire ou permanente ou
quelle soit particulière à la société ou généralisée dans toute
lindustrie; cependant il y aurait lieu dexaminer sil est préférable
pour la direction dattendre un certain temps avant dadopter certaines mesures
à cet effet.
- Si des redressements de taux ou de prestation sont susceptibles de modifier la situation
concurrentielle de la société sur le marché, se répercuteront-ils sur les ventes ou
sur leur conservation?
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2. Risques de morbidité
La morbidité défavorable comprend :
- Une incidence accrue des risques dinvalidité, médicaux, dentaires, de maladie
grave et dautres risques
- La diminution du taux de règlement des sinistres.
Ces risques peuvent avoir diverses causes, notamment :
- Longue période de récession où le taux de chômage est élevé et entraîne à la
fois une augmentation radicale et un faible taux de résiliation des risques
dinvalidité
- Une épidémie qui fait que les taux dincidence de la maladie augmentent sans
quil y ait augmentation des taux de décès
- Lamélioration des traitements médicaux pour des maladies telles que le SIDA qui
diminue à la fois le taux de récupération et le taux de décès des assurés invalides
- La dépréciation des «droits acquis» attribuables à certaines pratiques juridiques
- La réduction des programmes de sécurité sociale de lÉtat
- Laugmentation des frais dentaires et médicaux
Lactuaire désigné devrait examiner les effets de retombées, notamment :
- Laugmentation des prix des nouvelles affaires et laugmentation des taux des
polices en vigueur et reconductibles ainsi que leurs répercussions connexes sur les taux
de déchéance et les nouvelles affaires
- Les contraintes imposées en ce qui concerne laugmentation des prix en raison de
la lenteur de lindustrie à réagir à la mise en oeuvre daugmentation des
taux de reconduction
- Des garanties de taux qui limitent ou reportent des augmentations de taux nécessaires
- Une augmentation de la déchéance antisélective pouvant atténuer ou annuler
leffet prévu de laugmentations des taux
- Laugmentation des frais et le nombre accru de poursuites découlant dune
gestion plus active des sinistres
(Retour à la table des matières)
3. Risques liés à la conservation des affaires
Les risques liés à la conservation des polices peuvent compromettre la suffisance
du capital dun assureur. Règle générale, on peut diviser en deux catégories
distinctes le risque lié à la conservation des affaires :
- chaque fois que la valeur en espèces dépasse la réserve, il y a risque que les
déchéances ou les rachats (ci-après les «déchéances») dépassent les déchéances
prévues dans les hypothèses de lévaluation statutaire
- chaque fois que la réserve dépasse la valeur de rachat, il y a risque que les
déchéances soient inférieures à celles qui sont prévues dans les hypothèses de
lévaluation statutaire.
Quant à la première catégorie, la meilleure façon den prévoir leffet
dans les livres de lassureur consiste à examiner leffet des déchéances dans
un bloc de polices. Pour des raisons de simplicité, supposons que pour chaque police du
bloc, la valeur de rachat dépasse le montant de la réserve (cela comprendrait des
polices dont la valeur de rachat est zéro et la réserve négative). Dans ce cas, la
«perte sur déchéance» effectivement survenue serait égale à la somme, pour toutes
les polices en déchéance dans le bloc, de la valeur de rachat moins la réserve. Du
même coup, la fluctuation des réserves pendant la période comptable comprendra une
«perte sur déchéance» prévue. Les gains de lassureur sen ressentiront
uniquement dans la mesure où la perte éprouvée à la suite des déchéances dépasse la
perte prévue à légard des déchéances.
Cette situation est analogue à celle qui survient dans la deuxième catégorie,
c.-à-d. lorsque la réserve dépasse la valeur de rachat. On désigne le plus souvent ces
blocs daffaires comme étant des «polices fondées sur la déchéance».
Au moment dexaminer le risque lié à la conservation des affaires, il est
prudent de supposer que, en raison du facteur dantisélection, les deux facteurs
défavorables risquent de se manifester simultanément.
Les effets de retombées compris dans le risque lié à la conservation des affaires
sont :
- mortalité accrue
- morbidité accrue
- disparité entre les rentrées et les sorties de fonds
- augmentation des frais unitaires
- risque dilliquidité
Parmi les causes de conservation défavorables, notons :
- augmentation des primes
- réductions divisées
- variations au niveau du système de distribution
- nouveau produit lancé sur le marché par un concurrent
- diminution des taux de prime sur le marché
La «ruée aux guichets» dont on décrit plus loin le scénario est un cas particulier
de risque dilliquidité que lactuaire désigné pourrait vouloir examiner.
Outre ce qui suit, lactuaire désigné devrait aussi tenir compte des conseils
fournis dans la note éducative sur la Mesure du risque dilliquidité à
légard de ce scénario. Ce scénario a pour objet de prévoir les répercussions
dun important problème de déchéance/ liquidités sur la société. En fonction de
ce scénario, seules la société et ses filiales sont touchées et le scénario ne
sapplique à aucun autre secteur de lindustrie.
Ce scénario pourrait survenir en raison de la perte soudaine de confiance du marché
extérieur envers la société. Par exemple, il pourrait sagir dune
dévaluation soudaine de la cote par des agences de cotation, combinée à une campagne
publicitaire à grande échelle. La simple perception dun problème pourrait suffire
à le déclencher. Aucune des hypothèses au sujet des taux dintérêt ou de
linflation nen souffrirait. Toutefois, nonobstant les répercussions
évidentes sur la déchéance, ce scénario influerait sur les nouvelles affaires de la
société tout en empêchant celle-ci de réduire proportionnellement ses dépenses.
La société ne pourrait faire dautres emprunts à lextérieur comme des
effets commerciaux ou des actions privilégiées. Le taux demprunt courant ne
pourrait être renouvelé à léchéance. Les hypothèses à légard de la
vente des éléments dactif non liquides seraient très conservatrices.
La société connaîtrait une interruption soudaine et presque absolue de ses nouvelles
affaires. Les reconductions à léchéance seraient minimes. Le taux approprié de
déchéance serait évalué en fonction de chaque ligne de produits. Le nombre de rachats
serait élevé, même en présence de redressements calculés daprès la valeur
marchande ou de frais de rachat.
La société connaîtrait un taux de déchéance beaucoup plus élevé relativement à
son portefeuille dassurance individuelle. Encore là, il y aurait lieu
dévaluer pour chaque ligne de produits le taux approprié de déchéance. Il
faudrait aussi prévoir une détérioration de lexpérience de mortalité des
polices récentes en raison du facteur dantisélection.
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4. Risques C-3
Les scénarios défavorables liés aux risques C-3 pourraient découler des
facteurs suivants :
- disparités entre les rentrées et les sorties de fonds
- variabilité dans les rentrées et les sorties de fonds
- fluctuations des futurs taux dintérêt
Lactuaire désigné devrait évaluer leffet de lensemble des
scénarios défavorables éventuels sur lexcédent de tous les secteurs
dactivités, cependant les mesures susceptibles dêtre prises par la direction
dépendront de la nature et des caractéristiques des divers blocs dactif et de
passif. Toute fluctuation au niveau des futurs taux dintérêt aura aussi des
répercussions sur la valeur marchande et les gains provenant des actifs excédentaires.
Lorsquil y a disparité entre les rentrées et les sorties de fonds, il
conviendra de réinvestir des rentrées de fonds positives ou emprunter ou liquider des
éléments dactif afin de financer les sorties de fonds négatives. Les taux
dintérêt futurs peuvent varier considérablement et avoir des répercussions
défavorables sur lexcédent. La valeur des instruments dérivés sera également
touchée. Si on les utilise comme couverture, ces instruments aideront à atténuer les
répercussions défavorables. Si on les utilise pour adopter une position de disparité,
le risque financier est accru.
Au moment dévaluer les répercussions des fluctuations des taux
dintérêt, lactuaire désigné devrait examiner à la fois la disparité
actuelle et la disparité éventuelle. Celles-ci dépendront de la position maximale que
permet la politique dinvestissement de la société et de lapproche la plus
agressive que la société ait déjà adoptée par le passé.
Il y aurait lieu dexaminer les variations parallèles et non parallèles de la
courbe de rendement, tant de façon ponctuelle que progressive. Il faudrait aussi
considérer les modèles stochastiques et les scénarios déterministes. Outre les
scénarios particuliers, lactuaire désigné devrait aussi procéder à un test de
sensibilité du risque C-3 en déterminant le scénario des taux dintérêt
éventuels qui pourrait entraîner une insolvabilité.
Les fluctuations des taux dintérêt éventuels se répercuteront non seulement
sur les taux futurs de réinvestissement et sur la valeur marchande, mais également sur
le modèle des flux monétaires, par exemple, sur des titres adossés à des créances,
des obligations remboursables à vue ou des polices rachetables.
Les niveaux des futurs taux dintérêt auront aussi des répercussions sur le
niveau et la composition des nouvelles affaires liées aux produits de fonds garantis et
de fonds distincts. De même, les niveaux des taux dintérêt auront des
répercussions sur le niveau des rachats et des transferts entre les fonds, de même que
sur les mouvements dentrée et de sortie des produits moyens des portefeuilles
comparativement aux nouveaux produits financiers. Le risque lié aux mouvements et aux
flux monétaires dépendra des frais de rachat et des redressements en fonction de la
valeur marchande intégrés dans le prix des produits. Il faudra porter une attention
particulière aux répercussions dun scénario de «ruée aux guichets».
Lorsquil y a révision des taux, les futurs taux dintérêt peuvent
également avoir une incidence sur lécart réalisable à légard des
nouvelles affaires et des affaires à intérêt fixe.
Une faiblesse soutenue des taux dintérêt pourrait aussi se répercuter sur la
capacité dune société dhonorer les garanties minimales à long terme
intégrées dans les produits dassurance et de rente.
Dans le cas dune assurance avec participation, dune assurance-vie
universelle et des produits à prime ajustable, on doit tenir compte des facteurs
suivants :
- lincidence de la proportion des éléments dactif à revenu fixe adossés à
des affaires avec participation et de la durée de cet actif par rapport aux produits des
principaux concurrents
- les dividendes des concurrents
- la capacité et la volonté de la direction de préserver ou de modifier les barèmes de
dividendes
- les mesures liées aux titulaires, par exemple, les niveaux de rachat et les poursuites
possibles
- les répercussions sur le niveau des nouvelles ventes
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5. Risques C-1
Les scénarios défavorables à légard du risque C-1 (détérioration
des valeurs dactif) peuvent provenir de diverses sources, notamment :
- Augmentation des pertes à la suite de titres demprunt non remboursés;
- Faibles rendements et (ou) diminution de la valeur de lavoir-propre;
- Faibles rendements et (ou) diminution de la valeur des biens immobiliers;
- Manquements de contrepartie à légard dinstruments dérivés;
- Perte ou diminution importante de valeur à légard dautres grandes
catégories déléments dactif;
- Risques de concentration, notamment géographique (p. ex., incidence des
catastrophes naturelles), catégorie dactif, secteur industriel, filiales,
particuliers;
- Fluctuations de la valeur des monnaies.
Lactuaire devrait examiner ce qui constitue une comptabilisation appropriée des
réserves et les mesures de tarification prévues. Les effets de retombées pourraient
varier selon que les résultats C-1 sont particuliers à la société ou à tout le
secteur de lassurance.
Voici quelques effets de retombées possibles :
- Risque accru en raison dun manquement de contrepartie (exemple de risque C-3)
- Diminution des dividendes des titulaires qui pourrait se traduire par des rachats plus
nombreux
- Une dévaluation des cotes, qui pourrait à son tour avoir de sérieuses répercussions,
par exemple, une diminution des ventes et une augmentation des rachats
- Une crise de liquidité provoquée par des pertes importantes et soutenues à la suite
de manquements.
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6. Risques associés aux nouvelles affaires
Lune des incertitudes dune société dassurance est le volume de
nouvelles affaires quelle pourra envisager à lavenir. Les volumes
passablement différents de ceux qui sont prévus peuvent avoir des répercussions fort
différentes sur la capitalisation prévue et ainsi entraîner des résultats
défavorables.
Il existe plusieurs catégories dincidents qui pourraient avoir des
répercussions considérables sur le volume et le type daffaires souscrites par une
société dassurance :
- une dévaluation de la cote de crédit dune société ou dune société
affiliée par une agence de cotation (surtout la société mère) ou quelquautre
incident tout aussi dommageable pour la réputation dune société
- un changement de loi ou de règlement qui touche directement une importante ligne de
produits. Voici quelques exemples :
- un changement de la loi fiscale qui touche le titulaire qui songe à acheter un type
particulier de produits
- une modification du capital ou des réserves obligatoires qui défavorise un produit par
rapport à ceux dautres institutions financières ou même dautres
fournisseurs dassurance qui ne seraient pas touchés de la même façon
- la pénétration par le gouvernement dun secteur dassurance qui relevait
jusqualors exclusivement du secteur privé
- lémergence dun nouveau et sérieux concurrent dans un domaine où la
concurrence était auparavant faible
- la perte dun distributeur principal ou même dun réseau complet de
distribution auparavant responsable dune partie importante des affaires dune
société
- la perte dun important client, par exemple, un client collectif très important
qui représente une large part du portefeuille collectif dune société
dassurance
- le succès imprévu dune nouvelle ligne de produit ou par rapport à un concurrent
qui sétait jusqualors avéré sérieux.
La plupart des ces catégories dincidents feront diminuer le volume des ventes de
façon plus radicale que prévu. Il est clair que les répercussions de premier ordre
toucheront les frais, surtout en considération dimportants frais généraux et
frais fixes associés à la fonction de commercialisation et de vente. Il sera de la plus
haute importance dexaminer ces répercussions de premier ordre dans tous les tests
de scénario. Les répercussions de second ordre comprendraient :
- des taux de déchéance plus élevés à légard des affaires courantes (ces taux
pourraient être élevés selon que lincident est à lorigine ou non de la
diminution du volume des nouvelles affaires)
- une expérience ultérieure plus dommageable dans ce secteur dactivités au niveau
des sinistres
- une couverture moins étendue des frais dentretien (à la suite dune
diminution des ventes et dune augmentation de la déchéance des affaires courantes)
- la possibilité dun effet de retombées sur dautres secteurs
dactivités ayant quelque lien avec celle qui est déjà touchée (p. ex., un
réseau de distribution responsable initialement dun secteur dactivités
entraînant ultérieurement une augmentation importante des ventes dans un autre secteur)
Les mesures de la direction pourraient être consacrer :
- à une diversification dans plus dun secteur dactivités
- à un contrôle sur les montants non variables des frais
- au maintien de plans daction à mettre en oeuvre si lun ou lautre des
incidents précédents surviennent, etc.
Dans la première liste susmentionnée, la dernière catégorie dincidents, celle
qui entraîne une augmentation imprévue des ventes, pourrait provoquer une grave
insuffisance de capitaux pour une société. Parmi les autres effets de retombées, notons
le manque de contrôle de la direction sur les politiques, la souscription, les frais des
bureaux extérieurs, les rapports financiers, etc., en raison dune croissance
rapide, tout cela entraînant éventuellement des problèmes au niveau du règlement des
sinistres et des frais à mesure que la concurrence rattrape le chemin perdu et que le
volume revient à la normale.
Parmi les mesures envisageables, notons :
- la mise en place de plans de mobilisation de capitaux avec laide de la
société-mère ou dune source externe de capitaux
- ladoption de plans en cas dimprévu afin dêtre en mesure de faire
face à un accroissement du volume des affaires
- le recours accru à la réassurance dans le but datténuer le besoin de capitaux
secondaires, etc.
Normalement, le scénario de base comprendra les projections des nouvelles affaires
comprises dans le plan dentreprise de la société ainsi que les niveaux de
dépenses qui y sont associés. Les scénarios de rechange seront largement dépendants du
type de société et varieront selon le genre de marché que dessert la société et le
canal de distribution qui est utilisé pour ce faire; toutefois, tout scénario de
rechange devrait tenir compte non seulement de la fluctuation du volume des nouvelles
affaires, mais aussi de leurs répercussions sur les dépenses et sur toute autre
incidence probable de second ordre.
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7. Risques liés aux dépenses
Les hypothèses au sujet des dépenses sont une importante considération de la
situation financière prévue de chaque assureur. Ces hypothèses sont particulières car,
jusquà un certain point, la direction de la société exerce une plus grande
influence sur les dépenses que sur toute autre hypothèse. Même les assureurs ayant
toujours géré de façon stricte leurs dépenses afin dêtre en mesure
datteindre les objectifs budgétaires risquent davoir dimportantes
dépenses à la suite dune variation imprévue de la croissance des affaires ou
dune poursuite, par exemple. La portée des mesures efficaces et éprouvées qui
auront été prises pour couvrir les frais devrait permettre à lactuaire désigné
de déterminer si ses décisions seront basées sur les objectifs futurs ou sur la
tendance actuelle afin détablir les liens avec les niveaux de dépenses du
scénario de base. Les sociétés qui pratiquent une gestion stricte des budgets dans le
but de respecter les niveaux de dépenses compris dans la tarification des produits
risquent dobtenir des résultats différents des sociétés dont la gestion des
budgets repose sur dautres mesures.
Parmi les scénarios défavorables de dépenses et les effets de retombées connexes
qui peuvent se répercuter sur la situation financière dun assureur, notons :
- Inflation
- Un contexte fortement inflationniste peut
entraîner une augmentation rapide des frais absolus et des coûts unitaires.
Habituellement, on supposera un scénario dinflation élevé accompagné dun
scénario de taux dintérêt élevés; un lien logique devrait sétablir entre
les deux.
- Faiblesse des ventes
- Une diminution des ventes peut
précipiter une augmentation des coûts unitaires lorsquune partie des dépenses
sont considérées comme étant fixes. Cela se répercutera alors sur la rentabilité des
nouvelles affaires et sur les frais unitaires de maintien des affaires en vigueur.
- Taux élevé de résiliation
- Les taux élevés de
résiliation daffaires peuvent précipiter une augmentation des coûts unitaires et
faire augmenter le niveau absolu des frais de résiliation de même que les frais
unitaires dentretien du reste des polices en vigueur.
- Désuétude technologique
Lémergence de nouvelles technologies offrent des
avantages importants au niveau des coûts, de la prestation ou des services rendus à ceux
qui peuvent réaliser des économies déchelle. Les dépenses des sociétés qui ne
recourent pas à ces nouvelles technologies peuvent augmenter par rapport à celles des
concurrents. Ce genre de scénario devrait aussi inclure les répercussions des ventes et
des résiliations sur la désuétude technologique.
- Dommages et intérêts accordés par le tribunal
- Des
coûts éventuellement élevés peuvent découler de dommages accordés par le tribunal à
des plaignants dans diverses affaires comme la conduite de la société sur le marché.
Les effets de retombées découlant de dommages à la réputation peuvent comprendre une
dévaluation de la cote, une diminution des ventes et une augmentation des taux de
résiliation.
- Évaluations de la SIAP
- Dautres échecs du
secteur peuvent précipiter une évaluation à la hausse dautres sociétés du
secteur. Les effets de retombées découlant de ces échecs peuvent comprendre un
affaiblissement de la réputation de lindustrie, une fuite vers la qualité, une
diminution des ventes et un taux de résiliation plus élevé dans certains cas.
- Structure de la société
- Les dépenses des sociétés
de portefeuille peuvent être attribuées à des sociétés filiales selon les bénéfices
chronologiques ou les bénéfices prévus. Cette attribution pourrait faire varier
largement le niveau des frais attribués à lassureur selon le rendement de
lune des sociétés de lentreprise. Chez un seul assureur, les méthodes
dattribution des frais généraux à différentes unités daffaires peuvent
faire fluctuer les niveaux de frais au fil des ans. Pour une entreprise comptant plusieurs
sociétés dassurance ou unités daffaires qui procèdent à des échanges des
services, les répercussions de la facturation croisée devraient être prises en compte.
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8. Risques associés à la réassurance
Les conditions de réassurance de la plupart des cessions de police
dassurance-vie ont tendance à être garanties pour la durée de la police
sous-jacente. Les principaux risques pour une compagnie cédante sont précisés plus
loin.
Le premier risque serait linsolvabilité dun réassureur. Lactuaire
désigné devrait calculer le risque que doivent assumer les principaux réassureurs de la
société dassurance, en supposant quil y ait liquidation du réassureur. Les
répercussions devraient refléter un «pourcentage de réalisation» présumé de
lactif en fonction du passif du réassureur en faillite et tout traitement
différent des divers types de créances de lassureur au tarificateur direct. Il est
possible que les répercussions soient atténuées par le droit de compensation des sommes
à rembourser en vertu de tous les traités conclus entre les deux sociétés, la
proposition privilégiée des assureurs par rapport à dautres créanciers de
réassureurs en faillite, le droit de reprise en cas déchec, les sommes en dépôt
ou en fiducie auprès de la société dassurance ou les lettres de crédit à
légard dun réassureur non agréé. Il serait normalement approprié de
supposer, aux termes de ce scénario, que les affaires auparavant cédées au réassureur
en faillite pourraient être réassurées avec succès ailleurs (mais peut-être à des
conditions moins favorables), à moins que les affaires en question ne comportent des
caractéristiques particulières qui rendraient problématique une réassurance de
remplacement.
Laugmentation des taux de réassurance à légard des nouvelles affaires
constitueraient un autre risque. Lorsquun réassureur agit de la même façon à
légard de tous les assureurs sur des marchés identiques, les questions de
concurrence ne se posent pas nécessairement, puisque bon nombre peuvent faire face aux
mêmes modifications de conditions, forçant ainsi une nouvelle tarification de tout le
marché. Cependant, si les mesures prises par un réassureur visent une société en
raison dune expérience défavorable auprès de celle-ci, la nouvelle tarification
nécessaire peut se répercuter sur le niveau des ventes.
La diminution de la capacité de réassurance disponible en vue du financement de
nouvelles affaires ainsi que laugmentation des coûts de réassurance ou la
limitation de la croissance de la société pourraient constituer un troisième risque.
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9. Mesures publiques et risques politiques
Lorsque le gouvernement modifie ses politiques ou ses règlements, leur mise en
oeuvre prend habituellement beaucoup de temps. Cela laisse du temps pour analyser les
répercussions et prendre les mesures appropriées. Cependant, certaines modifications
peuvent survenir très rapidement et simposer de façon imprévue. Dautres
peuvent même avoir un effet rétroactif.
Voici quelques exemples dévénements défavorables :
- Une augmentation du taux dimpôt des primes.
- Une augmentation des taux dimpôt des sociétés (impôt sur le revenu ou impôt
sur les gains en capitaux).
- Un prolongement des impôts temporaires, par exemple, la taxe temporaire supplémentaire
sur le capital en vertu de la Section VI à légard des sociétés
dassurance devrait prendre fin en décembre 1998, cependant le gouvernement
pourrait décider détendre cette mesure ou den faire une mesure permanente.
- Les nouvelles restrictions au sujet des REÉR ou des FEÉR, qui pourraient avoir des
répercussions directes sur le volume des nouvelles affaires à légard de ces
produits.
- Lémergence possible dautres institutions financières dans le secteur de
lassurance-vie (p. ex., à la suite de révisions de la Loi sur les banques)
qui pourrait se répercuter sur le volume des nouvelles affaires et ainsi faire diminuer
les marges de profits en raison dune concurrence accrue.
- Les nouvelles restrictions éventuelles en matière de pratiques dinvestissement
des sociétés dassurance-vie, par exemple, une restriction sur lutilisation
des produits dérivés à des fins de spéculation ou de couverture.
- La mise en place dune politique nouvelle ou modifiée à légard du régime
de soins de santé publique, qui pourrait faire diminuer les nouvelles ventes ou les
affaires en vigueur, par exemple, par lintroduction dun régime
dassurance pharmaceutique.
- Une modification des normes de solvabilité statutaires qui pourrait entraîner
laugmentation du montant de capital requis des assureurs-vie, par exemple, la mise
en place dun facteur de déchéance dans le MMPRCE.
- Une diminution des besoins demprunt du gouvernement qui pourrait se répercuter
sur le niveau des obligations gouvernementales offertes sur le marché.
- Une instabilité politique qui pourrait entraîner une confiscation des biens, la
cessation de nouvelles affaires, un contrôle des changes, etc., particulièrement dans
les pays étrangers.
(Retour à la table des matières)
10. Risques hors bilan
Plusieurs postes hors bilan pourraient comporter des risques pour un assureur.
Souvent, ces postes hors bilan découlent de pratiques nouvelles ou changeantes du secteur
qui, au cours des années subséquentes, sont effectivement admises au bilan par
lICCA, par lICA ou par les organismes de réglementation. Il est donc
nécessaire que lactuaire désigné soit conscient de tous les nouveaux risques qui
peuvent toucher lassureur pendant la période de projection et quil en évalue
le risque potentiel sur la solvabilité.
On donne ci-contre des exemples de postes hors bilan courants et les risques
quils comportent pour lassureur :
- Engagements aux termes de bail en vigueur
- Le
propriétaire-bailleur est exposé au risque de crédit associé à lincapacité du
locataire de payer ses mensualités.
- Instruments dérivés
- Les risques associés aux
instruments dérivés comprennent le risque du marché, le risque de défaut, le risque de
gestion et le risque juridique :
- Le risque du marché comprend le risque lié à la commercialisation et le risque de
base. Le risque lié à la commercialisation concerne lincapacité dannuler ou
de liquider un contrat au moment choisi ou à un prix favorable. Le risque de base est le
risque qui survient lorsque le prix de linstrument dérivé ne se comporte pas comme
prévu, atténuant du même coup les avantages que la couverture offrait. Le comportement
du prix des instruments peut avoir des répercussions défavorables lorsque les conditions
du marché changent. On peut évaluer le risque du marché en fonction de chaque titre
mobilier ou portefeuille étant donné que certains risques peuvent ne pas se compenser
les uns les autres.
- Le risque de défaut (ou de crédit) concerne le risque quune perte surviendra à
la suite dun défaut de paiement entier à léchéance, conformément aux
modalités du contrat.
- Le risque de gestion est la possibilité quune perte importante et imprévue se
produise à légard dinstruments dérivés en raison dune surveillance
et dune compréhension insuffisantes de la part de la direction ou encore de
carences au niveau des systèmes, des contrôles, des procédures, de la comptabilité et
des rapports.
- Le risque juridique est le risque que lentente sur linstrument dérivé
nait pas toute la portée exécutoire prévue.
- Créances ou pertes éventuelles
- Il y a divers
éléments éventuels de passif auxquels une société peut être exposée, par exemple,
un impôt, des poursuites, etc. Lactuaire désigné devrait tenir compte des
répercussions financières des résultats défavorables.
- Lettres de crédit et biens fournis en nantissement -
Lassureur
peut être exposé au risque quune institution prêteuse ne rembourse pas les
paiements (par exemple) dune lettre de crédit ou quelle refuse de remettre
des biens fournis en nantissement.
- Ententes sur le maintien du capital
- Un assureur
pourrait être exposé aux ententes de maintien du capital quelle doit honorer pour
ses filiales.
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IV. Modélisation
On devrait habituellement recourir à la modélisation pour procéder à
lexamen de suffisance du capital dun assureur aux termes du scénario de base
et des scénarios défavorables et conformément à la norme EDSC. Il convient
détablir le modèle de lactif, du passif et de lexcédent (capital). On
peut utiliser au sein dune seule société divers types de modèles en vertu des
divers secteurs dactivités et juridictions provinciales. Les modèles doivent être
suffisamment souples pour que lactuaire désigné soit en mesure dévaluer les
risques à légard de chaque catégorie.
Représentativité
À moins que les résultats du modèle soient semblables à ceux de la société,
les scénarios mis à lessai nauront aucune crédibilité. Le modèle doit
réagir de la même façon et dans la même mesure que le ferait la société dans les
faits.
Lorsquon cherche à déterminer si un modèle est représentatif, on doit
dabord sarrêter au scénario de base. Il ne doit y avoir aucun élément
important de discontinuité entre le dernier exercice réel et la première année
prévue. Les chiffres devraient généralement correspondre dune année à
lautre.
Une bonne façon de vérifier la représentativité dun modèle est
dutiliser aux fins du modèle les données antérieures à lexercice le plus
récent et de recourir à lexpérience du dernier exercice pour établir les
paramètres. On peut alors comparer les résultats du modèle aux résultats réels. Si
les chiffres réels et les prévisions sont suffisamment correspondants, on peut accepter
le modèle. Lactuaire désigné devrait établir à lavance les écarts
acceptables au niveau de lactif, du passif, de lexcédent, des primes, du
revenu de placement et du bénéfice net. On doit également procéder à une
vérification rétrospective de la représentativité. Chaque année, après avoir
déterminé les résultats réels, on devrait justifier les écarts entre les résultats
du modèle réel et ceux du modèle du scénario de base.
Validité
La vérification de la validité du modèle comporte deux aspects. Le premier a
trait aux soldes comptables (c.-à-d. la validation de lexactitude mécanique et de
la cohérence entre les diverses parties du modèle) et le second, au caractère
raisonnable.
Le caractère raisonnable dun modèle touche tous les scénarios, mais la
meilleure façon de lévaluer est sans doute dexaminer lécart entre les
résultats de deux scénarios. Les différences sont-elles raisonnables?
Considérations organisationnelles
Au moment détablir la structure dun modèle, le but visé est de
favoriser la projection des activités de la société en fonction de divers scénarios.
La société faisant lobjet dune modélisation oeuvre au sein dun
secteur qui est lui-même influencé par le contexte géographique et économique. La
société aura sa propre structure juridique et, au sein de celle-ci, une structure de
direction à légard de laquelle elle dressera des plans et surveillera ses
résultats financiers. Au moment détablir un modèle, il convient de tenir compte
de cette structure et de déterminer dans quel cas les contraintes sappliquent et à
quel niveau de la structure hiérarchique du modèle on doit idéalement établir les
paramètres du modèle.
Les paramètres économiques, tels les taux dintérêt, linflation,
lappréciation du capital et le taux de chômage illustrent les hypothèses qui
doivent être établies au premier niveau, étant donné leur application obligatoire dans
tout le modèle.
Certains paramètres démographiques doivent aussi être établis au niveau le plus
élevé, notamment en cas de détérioration générale des indices de mortalité ou de
morbidité; cependant, il est peut-être préférable de les utiliser à titre
dindicateurs pour modifier lhypothèse formulée au sujet dun produit.
Un bon exemple serait lapproche utilisée pour les scénarios requis en ce qui
concerne lamélioration ou la détérioration des taux de mortalité sous-jacents ou
des taux de déchéance. On sattendrait que des tables distinctives
sappliquent aux rentes et à lassurance-vie, par exemple, cependant les
variations correspondantes par rapport aux taux prévus devraient être uniformes.
Au moment de mettre au point la structure du modèle, la taille et la complexité de
lorganisation constituent des facteurs importants. Au niveau de la société
elle-même, les injections de capitaux, les paiements de dividendes aux actionnaires,
limpôt sur le revenu, lexcédent obligatoire, linvestissement de
lexcédent et les dépenses de la société, comme le bail du siège social ou les
frais généraux, doivent être inclus dans le modèle. Pour une société spécialisée
dans un secteur dactivités unique, on peut combiner ces éléments aux projections
relatives au produit.
Pour une organisation plus complexe, les mêmes problèmes se posent autant que pour
une société spécialisée dans un secteur dactivités unique, cependant il est
nécessaire de segmenter le modèle. On peut soit procéder en fonction de la taille ou
modéliser encore plus efficacement certains produits en recourant à divers langages
techniques. Par ailleurs, on pourra aussi vouloir analyser séparément des unités
particulières.
Cela reflète habituellement la structure de la direction. Les affaires sont
subdivisées en unités et en structures de coût, à légard desquelles des
rapports ont été préparés à lintention de la direction. Les plans actuels sont
regroupés et la prise de décision est axée sur ces unités. Ces unités regrouperont
des produits et sans doute des unités dinvestissement. Les filiales et les
opérations à létranger feraient partie de cette catégorie.
Il sagit habituellement de la plus petite subdivision daffaires prise en
compte; on dispose habituellement déjà des projections au sujet de lactif et on
peut construire le modèle sur cette base.
Habituellement, les investissements indiqueront la séparation effective des éléments
dactif, mais ils peuvent aussi indiquer une deuxième stratégie
dinvestissement à légard dun bloc déléments dactif par
comparaison à un autre. Lattribution du revenu de placement suit la structure des
investissements. Cette méthode de subdivision regrouperait divers produits semblables à
des fins dinvestissement.
Il peut être souhaitable de subdiviser davantage un segment pour tenir compte des
différentes stratégies ou produits de placement qui sont exposés à des risques très
différents les uns des autres. Ceux-ci obligeront à établir des paramètres
particuliers, à tout le moins, et pourront de fait nécessiter des techniques de
modélisation ou diverses méthodes dévaluation.
Linterrelation des flux monétaires des produits qui alimentent le modèle des
éléments dactif est essentielle. Il est nécessaire détablir
lencaisse disponible avant de mettre en oeuvre des décisions dinvestissement.
Il peut être souhaitable deffectuer séparément au niveau divisionnaire du
modèle le calcul des impôts et de lexcédent obligatoire. Cependant,
lorsquon combine les résultats, ceux-ci devront être reformulés sur une base
consolidée. Cela signifie que ces données doivent au besoin être transférées dans le
modèle de la société pour faciliter les calculs en question.
Souplesse
Les modèles construits pour vérifier la solvabilité devront être mis à
lessai à plusieurs reprises en fonction de divers scénarios présentant une
expérience future possible. Les variations des niveaux dexpérience
sappliquent non seulement aux facteurs habituels, comme les décès, les retraits,
les dépenses et les taux dintérêt, mais aussi à des facteurs quon pourrait
considérer comme des politiques de lentreprise. Celles-ci comprennent les
stratégies dinvestissement, les hypothèses dévaluation, la
commercialisation et les nouvelles ventes.
Il sensuit que tout modèle utilisé pour procéder à lexamen de
suffisance du capital doit être souple et permettre de modifier les hypothèses
sous-jacentes aux divers scénarios.
Cette souplesse doit aussi se retrouver dans la capacité du modèle de prendre en
compte un secteur dactivités particulier, une division de la société, une caisse
ou un territoire. Étant donné que les modèles construits à des fins de vérification
de solvabilité serviront probablement aussi à la planification, il y aurait lieu de
conférer aux modèles une souplesse suffisamment grande pour quils tiennent compte
de toute variation raisonnable des activités de la société quon voudrait mettre
à lessai. Bien entendu, ces mêmes fluctuations pourraient très bien faire
lobjet dun scénario supplémentaire dans le processus dévaluation de
la solvabilité.
(Retour à la table des matières)
V. Aperçu dun modèle de rapport
Il faudra beaucoup de temps et deffort pour acquérir les compétences
nécessaires pour exécuter et effectuer la projection et lanalyse. La préparation
dun rapport clair et complet sur les résultats et les répercussions de ce travail
représente une partie importante du processus. Ce rapport est destiné principalement à
la direction de la société ainsi quau conseil dadministration et à
lorganisme de réglementation.
Lactuaire désigné devrait indiquer dans son rapport tous les scénarios
défavorables et plausibles susceptibles de se répercuter de façon importante sur la
situation financière de lassureur pendant toute la période de projection. De plus,
tout scénario défavorable entraînant un excédent non positif pendant la période de
projection ou tout scénario de base qui empêche lassureur de satisfaire le test du
montant minimal de capital requis pendant la période de production amèneront
lactuaire à formuler une opinion défavorable dans son rapport.
On trouvera ci-contre un modèle de rapport :
1. Résumé
- résumé des résultats du scénario de base et des scénarios défavorables (ratios du
MMPRCE, gains, actif, passif, excédent)
- souligner les risques de solvabilité les plus importants
- opinion au sujet de lEDSC
2. Introduction à lEDSC
- objet, portée, processus, méthode
3. Mesure de la suffisance du capital
- description et résumé de la situation actuelle (p. ex., ratio du MMPRCE)
- définitions de la norme EDSC de lICA en ce qui concerne la suffisance du capital
dans le scénario de base et les scénarios défavorables
4. Scénario de base
- description du scénario, des hypothèses et des résultats
- explication de sa cohérence avec le plan dentreprise
5. Scénarios défavorables
- description des scénarios, des hypothèses, des mesures présumées de la part de la
direction, des résultats
- recommandations des mesures que la direction pourrait prendre pour atténuer les
résultats défavorables
6. Analyse des risques selon les secteurs dactivités
- explication des risques et des résultats des scénarios
7. Conclusions et recommandations
résumé et matérialisation future
8. Annexes
- principaux objectifs/ initiatives de la société
- activités damélioration du capital
- principales hypothèses et autres considérations (agences de cotation, impôt,
questions dévaluation et de comptabilité)